utopia-restaurant.fr est un site éditorial indépendant. Il n'a aucun lien avec l'établissement « Utopia » ni avec ses exploitants.
Utopia Sorties & art de vivre en Alsace
Sorties en famille

Place des Tripiers à Strasbourg : une petite place marquée par la reconstruction

Apolline Gresswiller 7 min de lecture
Place des tripiers à Strasbourg : tonneau en chêne et statue bronze de Liebenzeller

Dans le centre historique de Strasbourg, la place des Tripiers se trouve près de la rue du Vieux-Marché-aux-Poissons. Cet espace public aménagé après-guerre réunit plusieurs éléments de la mémoire strasbourgeoise : un tonneau monumental, une statue en bronze, des références à la vigne d’Alsace et les façades colorées de la vieille ville. La visite est courte, mais le lieu raconte beaucoup sur l’histoire du quartier.

Où se situe la place des Tripiers et pourquoi s’y arrêter ?

La place se trouve dans le tissu serré de la vieille ville, entre la rue des Tonneliers et la ruelle du Pied-de-Bœuf, à proximité immédiate de la rue du Vieux-Marché-aux-Poissons. Ce n’est pas un vaste parvis. Son intérêt tient plutôt à son échelle réduite, à son aménagement paysager et aux façades qui l’entourent, dont certaines présentent des pans de bois.

Localiser la place des Tripiers à Strasbourg

Pour les visiteurs, elle offre un point de pause au milieu des rues commerçantes et piétonnes. Les bancs permettent de s’asseoir quelques instants, d’observer le passage et de regarder les différents éléments installés sur la place. Elle s’intègre facilement à un circuit de petites places dans le centre de Strasbourg, sans détour important ni longue durée de visite.

Une halte à observer par étapes

La place des Tripiers se photographie facilement, mais elle mérite un regard plus attentif. Le tonneau attire d’abord l’œil. La statue demande ensuite un peu de recul, tandis que les maisons et les percées vers les rues voisines replacent l’ensemble dans le quartier. Cette lecture progressive donne du relief à un lieu qui pourrait autrement se réduire à un simple passage.

Une petite place peut aussi aider à ralentir pendant une promenade dense. Ici, les bancs, le mobilier urbain et l’ouverture de l’espace offrent une transition entre les ruelles étroites, les vitrines et les monuments majeurs. Pour les familles ou les visiteurs qui veulent ménager leur rythme, cette pause rend la découverte de la vieille ville plus confortable.

Une rue médiévale, une place née après les bombardements

Il faut distinguer la rue des Tripiers de la place elle-même. L’existence de la rue est attestée dès 1286, ce qui inscrit son nom dans l’histoire ancienne du quartier. La place actuelle est beaucoup plus récente : elle a été aménagée en 1957, dans le contexte de la reconstruction du secteur.

Visiter la Place des Tripiers à Strasbourg · 4 févr. 2025 — En avril 2019, une statue en bronze du chevalier Reinbold Liebenzeller a été érigée sur la place. Ce chevalier du XIIIᵉ siècle est reconnu pour …

Le 11 août 1944, les bombardements ont fortement endommagé cette partie de Strasbourg. La création d’un espace ouvert après la Seconde Guerre mondiale répond donc à une transformation profonde du bâti et de la trame urbaine. La place conserve une mémoire moins visible que celle des édifices médiévaux, mais elle aide à comprendre les changements du centre historique après le conflit.

Un patrimoine marqué par les ruptures

La proximité entre une rue connue depuis le Moyen Âge et une place créée au XXe siècle explique le caractère particulier du lieu. Les colombages et les références à la viticulture rappellent l’image traditionnelle de Strasbourg, mais la place n’est pas une survivance intacte du passé. Elle est aussi le résultat d’une reconstruction.

Cette distinction modifie la manière de regarder le site. Plutôt que d’y chercher une « vieille place » au sens strict, on découvre un espace où l’histoire médiévale, la destruction de guerre et le réaménagement urbain se côtoient. La place des Tripiers montre ainsi que le patrimoine strasbourgeois repose sur des continuités, mais aussi sur des réparations et des réinterprétations.

Le tonneau et les sept mâts : un hommage concret à l’Alsace viticole

L’élément le plus reconnaissable de la place est son grand tonneau en chêne. Le premier tonneau et les sept mâts de vigne ont été installés en 2000 pour évoquer les sept variétés de raisins ou cépages associés à l’Alsace. L’ensemble fait entrer la culture de la vigne dans le décor urbain, au centre même de Strasbourg.

Le premier tonneau avait une capacité de 75 hectolitres. Il a été retiré en octobre 2017 à cause de son mauvais état. Son remplaçant a été installé en 2018. Ce nouveau tonneau en chêne massif, âgé de 50 ans, peut contenir 6 770 litres. Il a été offert par les vignerons de la Couronne d’Or et son scellement symbolique est daté du 14 avril 2018.

Pourquoi ce tonneau dépasse le simple décor

Le tonneau ne signale pas une activité de dégustation sur la place. Il sert de repère symbolique. Sa matière, ses dimensions et les mâts de vigne qui l’accompagnent rappellent la place du vignoble dans l’identité alsacienne. L’objet crée aussi un contraste visuel entre une forme associée au monde rural et l’environnement minéral de la ville.

Repère Ce qu’il raconte
Tonneau en chêne massif La tradition vinicole et le savoir-faire liés au vignoble alsacien.
Sept mâts de vigne Une évocation des sept cépages ou variétés de raisins de la région.
Remplacement en 2018 La continuité d’un hommage créé en 2000, après le retrait du premier tonneau en 2017.

La statue de Reinbold Liebenzeller, un rappel de l’autonomie strasbourgeoise

La place accueille aussi une statue en bronze de Reinbold Liebenzeller, personnage associé au XIIIe siècle et à la bataille de Hausbergen de 1262. La victoire remportée contre l’évêque Walter de Geroldseck est liée à l’affirmation politique de Strasbourg et à l’histoire de la République libre de Strasbourg, qui a perduré jusqu’en 1685.

La sculpture a été réalisée par Christian Fuchs et coulée par la fonderie Strassacker. Elle pèse 700 kilogrammes et repose sur un socle de 1,8 mètre réalisé par l’Œuvre de Notre-Dame. Sa hauteur est indiquée comme mesurant 2,50 mètres ou 2,60 mètres selon les descriptions disponibles. Cette différence ne change pas la perception de l’œuvre : la figure se remarque sans dominer entièrement la place.

La statue apporte une seconde lecture au site. Après la mémoire de la vigne, elle renvoie aux libertés urbaines et aux rivalités médiévales. En s’approchant du socle, puis en prenant un peu de recul, on comprend mieux la relation entre l’œuvre, les façades et l’espace public. La place fait ainsi coexister un personnage de l’histoire strasbourgeoise et un aménagement urbain du XXe siècle.

Intégrer la place des Tripiers à une promenade dans la vieille ville

La place se découvre facilement à pied, notamment en circulant entre la rue des Tonneliers, la rue du Vieux-Marché-aux-Poissons et les ruelles du centre ancien. Prévoyez un arrêt bref, mais ne vous limitez pas au tonneau. Faites le tour de l’espace pour regarder la statue, les mâts de vigne, les façades et les perspectives sur le quartier.

L’ambiance varie selon le moment de la journée. Le matin, le lieu peut se prêter à une observation plus calme de l’architecture. Aux heures animées, il devient un point de pause au milieu de la zone piétonne. Un restaurant avec terrasse ainsi que des brocantes bi-hebdomadaires sont mentionnés dans le secteur. Vérifiez toutefois leur présence et leurs horaires avant d’organiser votre programme autour de ces activités.

  • Pour une première visite : associez la place à une déambulation souple dans les rues voisines.
  • Pour les amateurs de patrimoine : retenez la chronologie 1286, 1944 et 1957, qui résume l’évolution du site.
  • Pour les photographes : cadrez le tonneau avec les mâts de vigne ou cherchez le contraste entre le bronze, le bois et les colombages.
  • Pour une pause : utilisez les bancs pour observer l’animation, plutôt que de considérer la place comme un simple lieu de passage.

La place des Tripiers ne remplace pas les grands monuments de Strasbourg. Elle propose une expérience plus intime, en quelques mètres, entre une rue médiévale, les destructions de 1944, la reconstruction de 1957, la vigne d’Alsace et une page importante de l’histoire politique locale. C’est un arrêt facile à intégrer à une promenade dans la vieille ville.

Apolline Gresswiller

Partager cet article

Retour en haut